Carlos leao escort

Parce que, des nombreuses fautes d'orthographe de ce document, il lirait avec beaucoup de finesse la conclusion que les études au collège de Campolide allaient forl mal. Or, une fois de plus, le dupeur s'esl laissé duper. Le- éludes allaient si mal a Campolide. XIX que cet élève, d'instruction primaire, qui nous avait été confié dans l'état que dénotent ces fantaisies orthographiques, obtenait quelques mois plus tard, grâce à l'enseignement reçu, une men- tion, dans un examen passé devant le jury officiel. Presque tous les documents publiés comme pièces justifica- tives de la persécution exercée contre nous avaient la valeur de ceux dont je viens de parler.

On a cependant renchéri sur tout cela. On a eu l'audace de publier des relations intimes, où l'auteur notait, au hasard, avec des impressions artistiques, des réflexions morales et des obser- vations critiques, les combats de son âme et les luttes de sa conscience. Si un regard indiscret tombait par mégarde sur un écrit de ce genre, la probité la plus élémentaire exigerait de fermer immédia- tement le cahier. Nos parangons de civilisation ne surent pas mettre cette règle en pratique.

Ils publièrent, tronquèrent, glosè- rent, et, avec un rire persifleur et impudent, ils dénaturèrent les intentions et falsifièrent les faits. Je ne veux pas passer outre sans dire un mot du document le plus précieux et le plus intéressant que le gouvernement provi- soire de la République ait publié à notre sujet. Cette publication, dans la pensée de celui qui l'a faite, obéissait à des fins tyran- niques ; c'a été, en fin de compte, un très important service rendu aux exilés et une apologie triomphante de leur réputation. Notre catalogue annuel, contenant l'indication des noms et des occupations de chacun des religieux de la Province, est publié en latin et est rempli d'abréviations ; une note du commencement indique qu'il est pour l'usage exclusif des Nôtres.

Qu'on juge par là de l'enthousiasme soulevé chez les ennemis de la Compa- gnie. Une statistique entourée de tant de mystère devait néces- sairement contenir toutes nos intrigues criminelles. Le fait est que le ministère de la justice, en reproduisant inté- gralement le Catalogue dans le journal officiel, en latin et en por- tugais — après en avoir confié à un ex-jésuite le déchiffrement et XX PREFACE. De la lecture impartiale de ce long document, il ressort deux choses: En effet, le manque d'abnégation et d'héroïsme, conséquence naturelle d'une éducation faussée, faisait qu'il y avait peu de vocations en Portugal pour une vie de sacrifices, comme celle que la Compagnie de Jésus l'exige de ses membres.

D'un autre côté, malgré le discrédit et l'impopularité que nos diffamateurs nous attribuent, on réclamait partout nos ministères, et ce n'est qu'au prix d'un travail excessif qu'il nous était possible de répondre à tout ce qu'on attendait de notre zèle. Pour multiplier en quelque sorte cette précieuse monnaie qu'est le temps, le jésuite se privait de distractions et de relations sociales parfaitement légitimes pour les personnes du monde. Aucunes visites d'amitié ou de cérémonie, pas de matinées;, pas de soirées récréatives. La prière, l'étude, les travaux apostoliques. Combien avares de notre temps ne devions-nous pas être encore, au point de nous attirer les plaintes des personnes qui nous demandaient et nous honoraient de leur intimité.

La publication de notre Catalogue a mis en relief, avec plus d'efficacité que ne l'auraient pu faire de longues apologies, cet amour du travail et cet austère emploi de nos forces, au milieu du gaspillage et de la futilité contemporaine. C'est un des très rares titres que le gouvernement provisoire de la république por- tugaise ait à la reconnaissance de ses victimes: Le Caialogus Provincise Lusitanse n'est pas la seule publica- tion dont les nombreux exemplaires soient tombés aux mains de nos persécuteurs.

Autre exemple: Antonio da Costa Cordeiro avait publié, peu avant la révolution, un élégant volume, à l'occasion du cin- quantième anniversaire de la fondation du collège de Barro. Papier de luxe, gravures d'un goût parfait et bien réussies en firent un ouvrage qui exigea une grande dépense, car on avait voulu que l'extérieur du livre correspondit à sa valeurmtrinsèque.

Un important dépôt d'exemplaires de cet ouvrage resta à Barro. Le Seculo du 4 juillet, en un article infâme, qui a fait dire à un étranger peu suspect -: De l'entrevue avec ce commissaire, qu'il publie, ressort cette déclaration précieuse. D'autre part, explicitement, il affirme qu'on ne trouva rien de mieux sous ce rapport que le livre en question.

Ce doit donc être une pièce bien accablante pour la réputation des persécutés. Voici ma réponse: Puisque le livre dont il s'agit est un argument sans réplique en leur faveur, pourquoi nos adversaires n'en font-ils pas une large propagande? Ils ont en leur pouvoir de nombreux exemplaires ; ils peuvent les distribuer. C'est une édition de lnxe ; on peut la vendre à bon prix. Je me suis arrêté à signaler cet aspect, spécialement intéres- sant, de l'action providentielle de Dieu en notre faveur: Il y a un autre aspect, qui s'offrira souvent au lecteur dans les pages des Proscrits: Je me sens tenu ici à bien des réserves et à bien des omis- sions.

Sans doute, il y a des noms pour lesquels ces précautions ne s'imposent pas. Mais pour combien — et de ceux qui ont peut- être le plus droit à notre reconnaissance — la révélation des noms servirait de prétexte aux vengeances mesquines de nos persécu- teurs? Les preuves d'une amitié, d'une reconnais- sance et d'un dévouement sans bornes nous sont parvenues sous toutes les formes: Je n'oublierai jamais la profonde impression que je ressentis, le soir du 4 octobre, quand un groupe d'élèves se présenta pour nous accompagner à l'heure du péril, et nous consoler en une pareille tribulation, précisément au moment où, sur Campolide, pleuvaient les balles et les grenades.

Peu après, de la maison de l'un d'entre eux, nous recevions un sac énorme rempli de vête- ments pour nous déguiser. Dans la matinée du 5, un élève de Campolide, âgé de quinze ans, arrache aux mauvais traitements d'une foule furieuse, et à la mort peut-être, un de nos frères coadjuteurs. A Caxias et au Limoeiro, les visites des élèves étaient fréquentes et émouvantes. Fiel se passaient des scènes d'un dévouement vraiment héroïque de la part de jeunes gens que nous y avions élevés.

J'ai reçu, par exemple, du cap Vert, une lettre d'un de mes anciens élèves, écrite au moment où il sut la nouvelle de l'assaut de Campolide: Quand nous eûmes pris le chemin de l'exil, ces manifestations se multipliaient à mesure que la surprise de la première heure permettait de s'informer des événements. Les lettres des jeunes gens élevés dans les collèges de la Compagnie affluaient, nom- breuses et vibrantes de la plus noble émotion.

Parfois, c'était une liste collective de noms, protestant de leur entier dévouement envers leurs maîtres bien-aimés et une adhésion très ferme aux principes que nous leur avions ensei- gnés: Une autre fois, on me faisait part de l'organisation de commissions dans les principales villes de Por- tugal, pour commémorer, sans réjouissance publique à cause du deuil de ces jours, mais par une réunion d'affectueuse solidarité, le banquet annuel des anciens élèves de Campolide.

Le mouvement contre-révolutionnaire qui commençait à s'accentuer de plus en plus dans notre malheureuse patrie, et les procédés draconiens qui châtiaient les plus inoffensives manifesta- tions de la liberté, s'opposèrent à la réalisation du projet de ces braves jeunes gens. Nous célébrâmes notre réunion, nous autres, en une petite ville de Belgique où, le dimanche de la Quasimodo, se trouvaient quelques jésuites portugais.

Le fait de la célébrer en exil donnait à cette fête un caractère d'intimité plus attendrie. Plusieurs anciens de Campolide, disséminés sur divers points de la Belgique, y accoururent: On vint même de Paris prendre part à cette réunion du souvenir. En une occasion, on décida même, à Lisbonne, une excursion de nos anciens élèves à Madrid: Un fait plus significatif encore est la résolution, suivie d'exé- cution, prise par un groupe d'élèves de Campolide, quand ils surent ce qu'était devenue la bannière de leur collège, lors du pillage de l'édifice.

Ils eurent la hardiesse d'adresser au ministre de la Justice une requête signée par plusieurs d'entre eux, afin de réclamer ce souvenir de la maison qui les avait élevés. Le résultat fut celui qu'on devait attendre ; mais le nom de ces intrépides jeunes gens resta gravé en ce message, affirmant la solidarité dont ils s'enorgueillissaient d'être à nos côtés. C'était la meilleure réponse aux mensonges publiés par la presse jaco- bine, disant que les jeunes gens que nous avions élevés s'étaient montrés fort désintéressés de nos infortunes.

Mais la Providence, qui, au milieu de notre rude tribulation, nous envoya ces consolations de l'amitié, nous les fit trouver ail- leurs encore que chez nos élèves. Ce livre racontera d'innombrables preuves de dévouement généreux, et parfois héroïque, de personnes de toutes les classes sociales, envers les Jésuites prisonniers et proscrits.

Je voudrais pouvoir dresser ici la longue liste de ces amis et de ces bienfai- teurs que nos coeurs n'oublieront jamais. On y trouverait côte à côte les noms de princes de l'Eglise et d'artisans qui gagnent avec peine leur pain de chaque jour 1 ; de dames de la plus haute aristo- cratie et de pauvres servantes: Dan- les seules lettres à moi dirigées, je pourrais recueillir une gerbe de témoignages où toutes les classes indiquées, sans en excepter une seule, viendraient témoigner en faveur des vic- times de la fureur anticléricale.

En cet admirable concert de la charité, la note la plus douce si j'étais libre de lui faire écho serait celle qu'ont donnée nos PRÉFACE. XXV frères les religieux de la Compagnie de Jésus disséminés dans tout l'univers. J'aimais la Compagnie comme on aime une mère, mais depuis que j'ai vu, dans toutes les Provinces, cette explosion de charité, combien je regrette de n'avoir qu'une vie à consacrer à son service!

Je ne veux pas prendre les devants sur l'auteur de Proscrits, qui réserve, sans cloute, de nombreuses et charmantes pages du second volume à raconter ces scènes de famille, répétées dans chacune des maisons par lesquelles nous avons passé durant notre long pèlerinage. Ils v auraient vu une des réalisations les plus touchantes du mot de saint François-Xavier: Societas Jesu societas amoris! On sait que saint Ignace demandait à Dieu, avec grande fer veur, qu'à travers les temps le sceau de la persécution ne manquât jamais à sa Compagnie!

Or Dieu sait faire servir ces persécutions à ses desseins. On m'a raconté que, plusieurs mois avant la révo- lution de Lisbonne, le T. Wernz avait dit à Rome: En effet, les insistances du Brésil pour lui envoyer de nombreux religieux de la Compa- gnie sont telles,, que seule la dispersion d'une province suffirait à fournir autant de sujets qu'on en réclame. Alphonse Luisier, servie par un imperturbable sang-froid, réussit à sauver au moment de l'assaut de Campolide, se trouvait le dernier cahier du petit journal de mes impressions. A la pag" correspondante au 9 juillet, j'y lis ce qui suit: Arrivée du R.

Lombardi, supérieur de la mission romaine de la Compagnie au Brésil. J'ai eu ensuite une longue conférence avec le P. Cette fondation serait d'une grande importance ; mais où trouver des religieux pour ia réaliser? La persécution d'octobre est venue nous donner la réponse ce doute. La fondation de Bahia est aujourd'hui un fait accom- pli ; et ce n'est pas une simple fondation ; elle est double: Et, outre Bahia, combien de villes grandes et petites mettent à profit au Brésil l'activité et le zèle des exilés du Portugal.

Les demandes de collèges et de résidences ont été nombreuses. Nous nous voyons obligés de procéder lentement et prudemment pour que notre option se fasse avec discernement. La velléité d'une mesquine intolérance, qui prétendit nous fermer l'entrée de cette seconde patrie, a été dignement étouffée par l'esprit de saine liberté qui oriente heureusement aujourd'hui la plus grande et la meilleure part de la grande République sud- américaine. Le Brésil ouvrit ses portes aux Jésuites expulsés du Portugal ; et cela, après une explosion de noble indignation qui, à cette occasion, se fit jour dans le Parlement et fut solennellement confirmée par la sentence du suprême tribunal de la Fédération.

Le président de la République brésilienne, le maréchal Hernies da Fonseca, présidait, il y a peu de temps, à Rio de Janeiro, la distribution solennelle des prix, au collège de Saint- Ignace, dirigé par les Pères de la Compagnie de Jésus. Au goûter, on lui présenta le R. Antonio de Menezes. Le Père le remercia de la généreuse hospi- talité que la République avait accordée aux religieux arrivés de Portugal et il ajouta qu'il aurait ardemment désiré voir le gouver- oement provisoire de Portugal présent à celte fête pour apprendre ce qu'est la liberté en pays libre.

Ce qui esl arrivé au Brésil, où. XXVII la révolution jusqu'à présent, quatre-vingt-cinq religieux de la province portugaise sont entrés, a lieu aussi, proportion gardée, dans la mission des Indes. L'expulsion des missionnaires de ] a Compagnie de Jésus de Macao et de Timor, où ils se sacrifiaient pour le bien de la patrie, a permis de renforcer le personnel de la mission de Goa ; cette mission, qui a tous ses établissements n territoires anglais, a échappé aux tyrannies anachroniques de nos Pombals-marionnettes.

Bien que l'Angleterre soit un pays protestant, elle a une haute notion de la gravité, de la liberté et de la dignité nationales. Aussi les Jésuites portugais jouissaient dans les vastes territoires des Indes anglaises d'une liberté d'action très appréciable. Mais ils étaient peu, trop peu nombreux. Séminaires, collèges, écoles, léproserie, ministères près du clergé en plusieurs diocèses, près des descendants des Portugais et près des indigènes, toutes ces oeuvres exigeaient un renfort de personnel. Souvent, depuis qu'on m'avait confié le gouvernement de la Compagnie en Portugal, j'avais reçu des lettres, qui me demandaient avec instance du renfort.

Mgr le Patriarche actuel de Goa doit se rappeler cet épisode, soulevé par sa sollicitude pleine de zèle pour le patro- nage de l'Orient et la confiance dont il honore les fils de saint Ignace. Ainsi, ce fait que notre expulsion nous permet de porter secours à d'autres contrées, est un motif de plus pour m engager à dire que l'histoire de la persécution faite à la Compagnie en Portugal constitue un véritable poème de la Providence. Puisse ce livre des Proscrits contribuer à anéantir les fables que la calomnie a réussi à faire accepter comme des dogmes, et à seconder, par l'édification des exemples de vertu qu'il relate, la victoire de la cause catholique en si grand péril chez nous!

Provincial de la Province de Portugal. Le dernier ministère du règne de D. Manuel, en , prit possession du gouvernement le 7 juin. Il était présidé par le Conseiller d'Etat Teixeira de Souza, chef de la faction ultra-libé- rale, appelée, sans autre qualificatif, même après le fraction- nement de l'ancien parti de ce nom, le parti régénérateur.

Pendant de longues années, depuis les derniers temps du règne de D. Maria II. On assista aussitôt à une recrudescence des influences révolutionnaires qui avaient réussi à former le nouveau ministère. De jour en jour la propagande antimonarchiste et antichrétienne se manifestait plus active et plus insolente: Les maisons les plus en butte aux attaques perfides des feuilles jacobines étaient le noviciat de Barro, les collèges de San Fiel et de Campolide et les résidences de Lisbonne Ouelhas et de Covilha.

En raison du péril imminent, le R. Voici un passage de cette lettre, qui fut adressée à tous les Supérieurs: Outre ceux qui, à tour de rôle, seront désignés pour faire, deux à deux, l'adoration, tous pourront à volonté, s'y retirer pour prier selon leur dévotion. Les craintes du R. Cabrai n'étaient que trop fondées. Par une ordonnance du 9 septembre, le gouverneur civil préfet de Lisbonne, Alfredo Mendes de Magalhaes Ramalho. Ce magistrat rece- vait en même temps des instructions minutieuses pour que l'enquête fût menée d'une manière aussi rigoureuse et rapide que possible.

La sixième et dernière de ces instructions est ainsi conçue: Pedro de Castro, Congregaçoes religiosas, page Sans vouloir, au fond; toucher aux Congrégations, le législateur se donnai! Les associations ainsi formées étaient soumises à l'inspection du gouvernement. Cette politique de façade qui île trompait personne, mais donnait l'apparence de la légalité, était sans doute pleine de périls, mais permettait de durer.

Le gouvernement de Teixeira de Souza, en dormant ses ordres, suivait les indications de la presse républicaine, qui recevait elle même soir mot d'ordre des soi iétés secrètes. Les intentions hostiles du gouvernement à l'égard des reli- gieux étaient de la sorte évidentes: Plusieurs autres commissaires furent nommés pour les diffé- rentes localités ; quelques-uns ne se présentèrent jamais ; d'autres firent des perquisitions minutieuses et allèrent jusqu'à interroger longuement les voisins, recueillant les moindres détails sur notre genre de vie.

Les impressions du Dr. Pierre de Castro ont été rendues publiques. Qu'il me suffise de transcrire le passage suivant de son rapport cité plus haut. Il écrit, page En effet, tout le personnel de la Société appartenait à la monarchie n'est un secret pour personne. Jean Chagas, dans une conversation publiée dans la Capital du 13 octobre, fait les déclarations suivantes au sujet des travaux exécutés durant le ministère Teixeira de Souza: Enfin nous constatons avec satisfaction que partout les éléments de combat apparaissent en nombre suffisant pour donner à la monarchie un coup décisif.

Pendant que Lisbonne se préparait ainsi pour implanter la révolution, on créait deux Juntes pour la province, celle de Traz-os-Montes et Beiras et celle du centre. On publia même que plusieurs des autorités administratives alors en charge et qui avaient mérité la confiance du Président du Conseil étaient enrôlées dans le parti républicain.

Mais si l'une de ces corporations est digne déloge, pourquoi l'autre ne le sera-t-elle pas, puisque, de l'aveu même du commissaire, il y a identité entre elles? Singulier procédé et bien triste que de faire dépendre du nom d'un individu ou d'une corporation la valeur de ses actes! C'est que le fanatisme des formules libérales fausse le jugement des meilleures intelli- gences, comme le son prestigieux de certains grands mots, ou l'effet magique d'une phrase tombée de la bouche de l'une de ses idoles soulève la populace ignare, qui en méconnaît d'ailleurs complètement le sens.

Le Décret du 4 octobre. Ces excellents missionnaires, tout entiers aux labeurs de leur ministère apos- tolique, étaient, justement à cette occasion, absents. Peu de jours après, quelques-uns d'entre eux furent arrêtés et conduits sous bi Mine garde, au milieu des insultes, à la villa de Castello Branco. Ceux du Quelhas décampent. L'expulsion des Jésuites. Nous pouvons garantir l'exactitude de cette nouvelle. Aujourd'hui ou demain, M.

Teixeira de Souza signera le décret d'expulsion. On nous affirme qu'il a demandé aujourd'hui ce décret à M. Fevereiro, en disant: Jetons d'abord ceux-là dans la rue. Quant aux autres, nous verrons Le Secalo du h publiait déjà le décret, sous forme d'arrêté ministériel, qui ordonnait la dispersion de la Communauté de Quelhas. Ce document paraissait ce jour-là même à V Officiel. I r voici: Du Palais Royal, le 3 octobre La Résidence de Quelhas et le décret du 18 avril Les considérants de l'arrêté ministériel, que je viens de citer, permettent au lecteur d'apprécier la sincérité avec laquelle le Conseiller d'Etat, M.

José d'Alpoim écrivait, dans sa correspon- dance du Primeiro de Janeiro, du 4 octobre: On a publié, il y a quelque temps, des lettres de dames élevées dans cette maison, de jeunes filles qui y ont grandi et formé leur âme. Cette lecture donne le frisson! Voici des maisons d'éducation pour les deux sexes dirigées par les Jésuites et par des religieuses à eux associées, devenues de vrais foyers de corruption physique et morale Pedro de Castro contenait des choses phénoménales.

Le commissaire accuse les Pères à tort de former une communauté contraire à la loi. Rien de plus. Pedro de Castro n'a point accuse les religieux d'immoralilé: José d'Alpoim a donc menti, en écrivant sa lettre au Janeiro. II a aussi, de mauvaise foi. Il a jeté d'odieux soupçons sur ces femmes respectables et sur leurs élèves, e! Non, en aucune façon! Ceux qui ont quelque connaissance de l'Institut des Jésuites savent parfaitement qu'il-- n'ont de liens quelconques avec aucune con- grégation de femmes cl qu'il leur est môme interdit d'avoir la direction spirituelle de communautés de religieuses.

J'ai dil plus haut que le Dr. Elle avait é! Du reste, les Pères de celte Résidence étaient des citoyens portu- gais! En qualité d'ecclé- siastiques, ils étaient soumis à l'évêque du diocèse. Au point de vue légal, il n'y avait pas de religieux dans celle maison. Plusieurs d'entre eux, en effet, s'étaient rétablis dans cette maison des infirmités contractées à la suite d'un long séjour dans les missions.

Il remplissait de cette manière le programme qu'il s'était imposé pour le salut, disait-il, d'une monarchie qu'il voyait, avec raison, en grand péril 1. Pas une arrestation ne fut faite pour motif d'ordre public: L'efficacité de ces moyens ultra-libéraux, qui, au dire de Teixeira de Souza, devaient enlever jusqu'à la volonté mani- festée par les républicains de conspirer contre le trône, est singu- lièrement mise en évidence par quelqu'un qui s'y connaissait, le chef républicain Joao Chagas.

Dans un entretien publié par le Capital, le 13 octobre, il disait: Ce fait, loin de nous inspirer des pensées de trêve, rendit plus intense encore notre action révolution- naire, persuadés que nous étions que le pseudo-libéralisme du gouver- nement n'était point fait pour contrarier notre action, qu'il la favorisait plutôt. Et ce fut de fait alors que nous abordâmes le fond de la question. La propagande du côté de l'élément militaire prit un aspect différent, en une poussée énergique et décisive.

Le 1 Cfr. Il savait que la révo- lution allait éclater, qu'on n'attendait que l'instant favorable. Grâce à la mort de Miguel Bombarda, cette occasion arriva, paraît-il, plus tôt qu'on ne s'y attendait. José d'AIpoim n'en continua pas moins, dans sa lettre publiée ce même jour du 4 octobre, de pousser le roi à la violence et à la persécution ouverte contre d'utiles citoyens.

Il lui promettait en retour la conservation de son trône. En voici quelques passages: La monarchie portugaise peut vivre et elle vivra ; mais le roi est irrémédiablement perdu et condamné, si, dans l'esprit du peuple, la conviction se forme qu'il protège les éta- blissements religieux des moines et des jésuites.

Il y va même pour lui de son honneur personnel à ne point transiger Et qui ne lui dit point cela, n'est qu'un vil menteur. Alpoim témoignait pour la conservation du trône de Dom Manuel un amour et un zèle qui devait le faire passer dans l'esprit du roi pour un loyal sujet! Pauvre monarque! Trois jours encore et le chef dissident, malgré le zèle, qui le dévorait trois jours auparavant pour le salut du trône libéral de l'arrière petit-fils de D.

Pedro IV, se déclarera républicain, en même temps que plusieurs de ses amis politiques et se ralliera avec enthousiasme au nouveau régime. C'est dans les termes sui- vants, bien mérités du reste, que O Mundo, l'organe du nouveau ministre de la justice, lui souhaitait la bienvenue: Alpoim et de ses amis est logique.

Ce sont des éléments qui nous prêtaient, dans la monarchie de précieux services. Ils étaient d'ailleurs disposés, à la journée du 28 janvier, à travailler avec nous à la révolution républicaine Il y a du reste bien des dissidents que nous considérions depuis longtemps comme des républicains. Nous savions qu'ils n'hésiteraient jamais à faire tous les sacrifices qu'on récla- merait d'eux pour implanter la république. José de Alpoim fît encore tout ce qui était en son pouvoir auprès du dernier gouvernement monarchique pour le rendre libéral.

Il fut infatigable dans la question de l'amnistie et pesa de toute son influence auprès de M. Teixeira de Souza pour décider celui-ci à se montrer énergique dans la solution de la question religieuse. Ribeira Brava, âme ardente de révolution- naire, au dire du Mundo, était un des amis politiques de cet Alpoim qui excitait le roi à persécuter les religieux, pour con- server cette couronne que les amis politiques de ce même Alpoim voulaient lui arracher, comme de fait ils le firent.

Et le roi céda à de tels conseils, qui avaient tout l'air d'une violence. Plus tard, le 12 octobre, après l'adhésion du chef dissident à la république, on put lire dans le Dia, en un article écrit, ou tout au moins ins- piré par le même journaliste, ces paroles aimables à l'adresse du roi détrôné, à qui José d'Alpoim se déclarait redevable de bien des faveurs: Son aveuglement pour les courtisans et son amour du protocole étaient tels que, lorsqu'un jour M.

Alpoim lui parla de réformer sa maison civile et militaire, il le regarda presque avec horreur, comme s'il se fût agi d'une hérésie. Nous savons d'ailleurs qu'il eut ce même geste de répulsion, un jour que M. Teixeira de Souza aborda, en passant, cette même question. Ce qui l'a perdu, ce sont ses tendances conservatrices et cléricales, les conseils de politiciens et les suggestions de courtisans dont le cerveau était inaccessible aux idées modernes et le coeur rempli de rancunes. Ce sont les conseils des politiques qui l'ont perdu! Le roi transigea en livrant à ses propres ennemis la Résidence de Ouelhas, et les révolution- naires se préparèrent à cueillir le fruit des labeurs accomplis sous la protection des deux Conseillers.

Vers la république portugaise. Magalhaes Lima annonce que de graves événements sont proches. Joachim dos Santos Abranches, retenu dans les provinces du Nord. Les PP. Joao- Seraphim Gomes et Francisco Barcellos étaient rentrés, le 3 au soir, au moment où éclataient les émeutes du Rocid: Les autres étaient: Bento-José Rodrigues, supérieur, le P. Julio Ferreira, minis- tre, le P. Antonio Coutinho, le P.

Salustio dos Santos et les FF. Manuel-Pedro dos Santos et José Pereira. Ayant connu par les journaux l'arrêté ministériel, les reli- gieux résolurent de se maintenir dans la réserve et d'attendre une intimation du gouvernement, afin qu'à tous il fût bien notoire qu'ils n'abandonneraient, que contraints par la force, leur pro- priété et leur domicile. Malheureusement, comme on le sail, en ce moment la monar- chie était déjà aux prises avec la révolution. Elle eut le temps de condamner, mais on ne lui donna pas celui d'exécuter la sen- tence!

Cette journée du 5 octobre, les religieux de Ouelhas la passèrent, encore dans leur maison dans une tranquillité relative. Manuel, l'auguste monarque au nom duquel Teixeira de Souza publiait ses ordres dans son arrêté ministé- riel, fuyait dans son yacht Dona Amelia, sur les ondes de l'océan. Caprice de la Fortune? Ou plutôt leçon de la Providence L'autel est plus solide que les trônes et les gouvernements.

Emeutes anticléricales. Le 3 octobre, vers II heures du matin, le Dr. Miguel Bom- barda, directeur de l'hospice des aliénés de Rilhafolles, fut blessé de quatre coups de revolver tirés à bout portant par le sous-lieu- tenant d'infanterie el officier d'état-major, Aparicio Rebello da Silva, jadis interné dans cel hôpital.

Les blessures étaient malheureusement mortelles. Le Dr. C'en fut assez pour soulever l'indignation populaire et lui donner une altitude aggressive contre les ecclésiastiques qui. Sur la place du Rocio, un prêtre fut accablé d'insultes et faillit être roué de coups. Il se réfugia dans une orfèvrerie: Hue du Principe, l'abbé Governo, bénéficier de la cathédrale, qui passait en tramway, fut, lui aussi, accablé d'insultes. Un officier, assis à ses côtés, et un sergent de ville le défendirent.

L'officier dût dégainer et faire usage de son épée. Le caractère antireligieux de la révolution qui, cette nuit-là môme allait éclater, se montrait dès lors dans toute son évidence. La persécution de l'Eglise et l'expulsion surtout des religieux était un préliminaire arrêté d'avance. Elles étaient réclamées déjà par l'état d'esprit d'une populace exaltée pendant des mois jusqu'au fanatisme par la presse libérale et les propagandistes de la république sectaire.

Il ne s'agissait ni de la satisfaction d'une offense, ni d'une vengeance comme celles que les luttes révolutionnaires soulèvent parfois subitement et qui peuvent expliquer jusqu'à un certain point des excès et des folies nulle- ment préméditées 1. Elle écrit: Chronique de la Presse, 23 mars L'année dernière, au mois de septembre [c'était de lait le 2 août] une manifestation anticléricale de cent mille personm s parcourait toute la ville jusqu'au palais des chambres législatives, en réclamant la suppression des congrégations religieuses, le registre civil obligatoire et la liberté des cultes.

Premiers coups de feu. Le mouvement révolutionnaire du 4 octobre ne passa pas inaperçu à Campolide. Plusieurs entendirent les coups de canon tirés, à bord des navires de guerre, comme signal de la révolte. Un des professeurs, Julio de Moraes, raconte la chose en ces termes: C'étaient les navires à l'ancre dans le Tage, qui donnaient le signal de la révolte. Je n'en fis d'abord pas grand cas ; mais bientôt je nie levai épouvanté.

Quand je sortis de ma chambre, presque oui le inonde était déjà sur pied. Nous montâmes à la grande tour, et, à ce poste d'observation, je restai, pour ma part, de deux heures à cinq heures du matin. Antunes par exemple: J'avais appris que la mort de Miguel Bombarda avait été à Lis- bonne le prétexte de plusieurs émeutes. Les nouvelles qui nous arrivèrent de la ville basse, aux lieurcs qui précédèrent le cou- cher, étaient de plus en plus effrayantes. Je ne leur attribuai pas plus d'importance qu'à la plupart de celles qu'on répandait, à toute occasion, dans la capitale.

Depuis bientôt deux ans, on y respirait une atmosphère de révolution. Aussi, malgré les rumeurs, je me couchai et m'endormis bientôt. Pendant la nuit, il est vrai, j'entendis des bruits de pas dans le corridor, des portes qu'on ouvrait et refermait: Mais vers cinq heures je me réveillai, en sursaut cette fois, au bruit rapproché du canon et de la mitraille.

Une balle qui vint tomber à quelques pouces au-dessous de ma fenêtre me lit sauter prestement du lit et me vêtir en toute hâte. Nos Pères, conscients de la pari qu'ils avaient prise à l'action catholique en Portugal, n'ignoraient point l'orientation sectaire que le parti républicain avait malheu- reusement adoptée. Ils ne pouvaient donc se faire aucune illusion sur le sort qui les attendait, au cas où la révolution triompherait. La victoire militaire des sociétés secrètes et de l'impiété devait, comme première conséquence, porter un coup de mort à notre Compagnie, ou du moins, provoquer un terrible assaut contre notre collège 1.

L'un des premiers à dire la sainte messe, fut le R. Pro- vincial qui, la veille, était rentré de Porto. Garcia lui rappela la nécessité d'apaiser la colère divine par le Saint Sacrifice. Un des professeurs raconte que les décharges se répercu- taient dans la chapelle, comme si elles avaient été tirées à l'intérieur du collège.

Par le téléphone, nous arrivaient les informations les plus contradictoires: Le fait est que la fusillade faisait rage. A un certain moment, plusieurs dizaines de balles s'enfoncèrent dans les murs du collège. Vers sept heures du matin, le R. Provincial, le R. Rec- teur et d'autres Pères réunis en conseil décidèrent que la commu- narisme portugais. Luz Almeida. Les préliminaires de cetle correspondance sont dignes d'être conservés.

Cette armée de quarante mille hommes qui, jusqu'à ces derniers temps, obéissaient aveuglément à un pouvoir qu'ils ignoraient, membres d'une fraternité dont ils ne connaissaient que quelques a aux, voilà l'armée de la révolution, aussi farouchement dévouée au maintien de la République qu'elle fut ardente à la préparer dans le secret. Dans les journées d'octobre, alors que. On s'est étonné: Erreur pro- fonde ' M.


  1. rencontre amoureuse ado gay!
  2. ?
  3. site de rencontre homme gratuit 76?
  4. site de rencontre gratuite belgique.
  5. !

Tous l'ignoraient à Lisbonne ; et l'amiral Candido Reis lui-même qui, croyant la cause de la révolution perdue, se fit sauter la cervelle, était loin de se douter que ce modeste officier était son supérieur de beaucoup dans la hiérarchie carbonariste. Dans ce mystère, a résidé la force irrésistible de l'organisation révolutionnaire. Almeida explique ensuite l'organisation secrète du carbonarisme. L'association, lies différente en cela de la maçonnerie, est purement nationale, el seuls les Portugais en font partie. Les initiés se' répartissent en quatre grades: Quatre ateliers forment une choça taudis ; quatre choças, une baraque; quatre baraques, une vende ou loge, et toutes les vendes du Portugal sont sous la dépendance d'une haute vende, qui forme une sorte de conseil île l'ordre.

Au déjeuner, il fallut soigneusement fermer les fenêtres à cause des balles. Provincial désigna les groupes qui devaient quitter ensemble le collège et indiqua à chacun où il pourrait chercher un refuge. Il ajouta que, comme il y avait au collège deux anciens religieux étrangers, qui nous avaient toujours édifiés par leur ferveur, il les choisissait pour ses compagnons, tant qu'il resterait dans sa famille, à Porto, où il avait l'intention de se retirer.

Les FF. Espagnols Rodriguez et Garcia, auxquels le R. Provincial venait de faire allusion, ne purent contenir leurs larmes en se voyant l'objet de cette preuve de tendresse, que la Compagnie leur donnait en ce moment par la bouche de son représentant le plus autorisé en Portugal. Mais les événements se précipitaient ; il devint impossible de réaliser ce qu'on avait projeté. Les sergents de ville, qui station- naient devant le collège, s'étaient retirés et l'immeuble restait complètement abandonné aux attaques des révolutionnaires.

On distribua aux religieux l'argent qui se trouvait au collège. A neuf heures, le R. Tous les Pères et les Frères se vêtirent en laïcs, ou tâchèrent de le faire. Malheureusement, la révolution survenue à l'impro- viste ne permit pas à chacun de se procurer des habits conve- nables. On fut obligé de recourir à la charité de quelques amis Quelques élèves, rentrés avant les autres au collège, firent preuve envers leurs professeurs persécutés d'une générosité inoubliable.

A des hommes qu'on n'a pu convaincre d'aucun crime, tous les déguisements étaient nécessaires, pour se défendre contre ceux qui, au nom de la liberté, se croyaient autorisés à tous les excès!

Des biens, une histoire

Sous la mitraille. Extrait d'une lettre du P. Un officier vint demander une jumelle: Le téléphone ne fonctionnait plus. Nos amis nous apportaient les nouvelles les plus contradictoires. Les domestiques, quatre exceptés, craignant une issue fatale, demandèrent leurs gages, et s'enfuirent. Les huit ou dix élèves qui se trouvaient au collège pour préparer leurs examens, se dirigèrent vers la gare. Quel- ques-uns ne tardèrent pas à revenir, en apportant la nouvelle, malheureusement trop vraie, que toutes les lignes, excepté celle de Cacem, étaient coupées. Les canons placés près du collège ouvrirent bientôt le feu et commencèrent à bombarder la caserne d'artillerie et les bataillons de rebelles massés à la Rotunda.

Vers deux heures, les premiers obus tombèrent sur le collège. Le peu d'élèves qui y restaient encore se cachèrent avec un Frère dans la citerne et y restèrent jusqu'à la fin du combat. Pendant ce temps, un soldat désarmé et boitant apparut au coin du hangar des machines. Il avait, disait-il, le pied blessé par une balle. Le Frère l'invita à aller se faire soigner à l'infirmerie du collège ; le soldat, par défiance ou pour tout autre motif, fil un geste de terreur et s'écria: On avait remarqué que quelques hommes du peuple s'apprêtaient à donner l'assaut au collège: Il est opportun de redire que personne dans cet établissement n'a pensé à porter secours à aucun des partis qui se manifestaient main- tenant par la voix de leurs canons.

On n'entendit nulle part, au collège de Campolide ou dans ses dépendances, quelque chose qui pût faire croire à un mouvement militaire; pas un mot d'ordre, pas un commandement ; bien moins encore le son d'un clairon ou le cliquetis d'armes qu'on apprête pour un combat décisif. Auluiu-s, juva convenable de nous faire sortit de sa maison. La canonnade faisait ou vacarme infernal. Quelques grenades vinrent tomber a l'entrée de noire cachette, Les perles parmi les soldais de l'infanterie qui accompa tenaient les batteries de Quéluz furent considérables.

Plusieurs soldats s'enfuirent el nous les vîmes affolés se réfugier derrière des troncs d'arbre. Ce qu'on vit alors, ce fut une scène aussi pacifique et pieuse que digne des hommes qui vivaient dans cette maison et qui ne savaient que trop que la mitraille qui s'acharnait contre les murs du collège, les menaçait eux-mêmes de mort. Cabrai se convainquit enfin que les révolutionnaires bombardaient intentionnellement le collège et que bientôt la dernière heure sonnerait pour tous les religieux qui y étaient réunis 1.

En un geste royal le divin Sauveur étend son bras protecteur sur l'écusson présenté par un ange, où les armes du Portugal se marient aux emblèmes de la Compagnie. Peu exposée aux rayons du soleil, cette chapelle semble constam- ment plongée clans le demi- jour du crépuscule. Pro- vincial y fit une petite allocution à la Communauté: Si, souvent, nous avons fait, en paroles, le sacrifice de nos vies au bon Dieu, c'est avec joie que nous saluons maintenant le moment où le divin Maître semble vouloir enfin agréer notre offrande. Puis, le H. Provincial leur donna à tous, en commun, la sainte abso- lution, qu'il reçut lui-même ensuite du R.

Rarros, recteur du collège. Le silence, pendant quelque temps, fut profond dans la petite chapelle. Au dehors, les grenades continuaient à éclater sur le collège. Deux atteignirent les tours, ce qui serait inexplicable, si elles n'avaient pas été expressément visées. Alexandre de Barros, recteur du collège la conversation suivante qui nous est racontée par le P. Je savais qu'au collège il y avait des élèves et des étrangers: L'intention hostile des révoltés est ainsi suffisamment confirmée.

Ce ne furent pourtant pas les Pères de Campolide qui donnèrent au vaillant officier, Paivo Couceiro, le conseil de prendre la position stratégique qu'il choisit pour attaquer les révoltés. Encore des obus. Dans la grande tour, située au couchant, un boulet ou une grenade ouvrit une brèche d'un diamètre considérable et souleva, en même temps, un nuage si épais de poussière, qu'on crut à un incendie.

Le professeur Julio de Moraes fut le premier à accourir avec un arrosoir pour essayer d'éteindre le feu. On vit bien vite qu'on s'était heureusement trompé ; mais l'horloge de la tour avait été complètement détruite. Presque en même temps, un autre boulet pénétra par une fenêtre du second étage, traversa le corridor, troua la paroi d'une salle d'étude et alla se heurter à l'autre coin, au bureau du sur- veillant, l'éventra, pour tomber enfin inerte, à côté du panier des vieux papiers.

La canonnade devenant plus vive, presque tous se retirèrent dans les corridors inférieurs de l'édifice, pour y attendre l'issue de la bataille. Celle-ci devait se terminer, au bout de quelques heures, par la déroute des royalistes, qui se retirèrent avec pertes. Les munitions, paraît-il, leur avaient manqué, grâce à la trahison de certains officiers subalternes. C'est sous l'impression d'événements aussi tristes, que, vers cinq heures, la communauté fut appelée au réfectoire pour dîner!

Il faut se disperser! Le 4 octobre, on dîna à Campolide avec plus d'angoisse que d'appétit. On était absolument sans défense, sans même un sergent de ville, exposés aux fureurs des révolutionnaires qui ne manqueraient pas d'attaquer le collège ; des bandes armées cir- culaient constamment aux environs.

La fuite immédiate parais- sait indispensable. On s'exposait sans doute à des dangers imprévus, mais pour échapper à d'autres imminents et qui sem- blaient inévitables. A l'heure du dîner, quelques-uns étaient déjà partis. Alexandre Caslello et le jeune professeur José- Maria Simas, avaient déjà quitté le collège vers neuf heures du matin. Un peu après, les Pères A. Joaquim da Costa les v suivit.

ENTREVISTA EXCLUSIVA CONSELHEIRO CARLOS LEÃO- Notícias do Vasco Da Gama

Wenceslau se cjirigèrenl par Palhava vers la gare de Campo- lide. Malheureusement, à l'entrée de la route, un groupe de révolutionnaires l'obligea à rebrousser chemin. Après ce piètre dîner, plusieurs, malgré les périls de l'entre- prise, résolurent de s'abandonner à la divine Providence et de prendre la fuite.

Par petits groupes un peu espacés, ils suivirent le chemin de la gare de Campolide, pour y prendre le train de Cacem: Pinto avait pour compa- gnon le scholastique français Belavgue ; les deux professeurs Moraes et Farinha allaient ensemble ; le P. Zimmermann emme- nait le Frère scholastique Faria ; les Pères Cardoso et Rosario suivaient à peu de distance.

Macedo, qui sortit de nouveau à cette occasion, avec le P. Frias, trouva, au coin de la rue Estevam Pinto, un ami qui lui tint compagnie. Vers la même hrure, partirent aussi le P. Joao Nazareth et le Frère Vidal. Arnaldo de Magalhaes quitta le collège, lui aussi, pour prendre le train de cinq heures, emmenant avec lui le seul élève qui restât encore. Il suivit la route de Pal- hava et, à la halte de Cruz da Pedra, il prit le train de Cacem: Il était, du reste, fort bien déguisé et son petit compagnon l'appelait son papa.

Pourquoi ce blog?

Un bon nombre de Jésuites avaient donc, vers la fin de cette triste journée et avant que la révolution eût triomphé, abandonné le collège dont la destruction leur paraissait inévitable. Un peu de topographie. Quand on va à Lisbonne, par les chemins de fer du Nord ou de l'Est, après avoir passé la gare de Braço de Prata, on voit défiler devant les portières des campagnes verdoyantes, des col- lines d'émeraude qui encadrent çà et là, dans une gracieuse irré- gularité, des palais et des chalets: Les maisons, d'abord éparses, ne tardent point à former des groupements toujours plus denses et plus élégants.

La ville triomphe, la campagne est vaincue. Les vieux faubourgs prennent des airs d'opulence et se transforment en quartiers nouveaux. Le voyageur plongé dans ces réflexions se croit transporté en ligne droite au centre de Lisbonne. Mais voilà que la machine Le ruisseau d'Alcantara avec le pont et les deux chemins parallèles.

Sur la rive gauche A l'assassin attendit que le P. Zimmermann passât en face B pour décharger sur lui son revolver. C'est la gare de Cam- polide. Pour arriver à la station centrale il ne reste plus qu'un tunnel. Disons un mot de la topographie de ces lieux: A droite, c'est la gare, de bien maigre apparence, peu en proportion avec l'importance de son trafic: Dans une direction presque perpendiculaire au chemin de fer, une route conduit vers l'aqueduc.

Du côté nord- ouest, la colline de Monsanto, entourée, à sa base, de jardins séparés les uns des autres par des lignes de fil de fer barbelé, s'élève aussitôt en pente douce entrecoupée parfois de ravins. Du côté gauche du chemin de fer, l'horizon est plus étendu. Apres une légère ondulation, un terrain de labour planté d'oliviers descend en pente raide, jusqu'à un ruisseau qui coule au fond,' dans un lit bien pavé en cet endroit et entouré de lavoirs.


  • !
  • pourquoi mon mec va sur des site de rencontre.
  • l'histgeobox: 01/12/17 - 01/01/18;
  • !
  • « Activités de gouvernance ».
  • rencontre coquine de l isere.
  • 77 Best Steven universe images | Universe, Universe art, Caricatures.
  • C'est le ruisseau d'Alcantara, qui descend de Bemfica. Il ne roule, pendant l'été, qu'une eau tranquille et malpropre. En hiver, il bat ses rives avec rage et dévasterait tout, si son lit n'était pas défendu par une puissante armure de pierres. Du ruisseau, le sol remonte en pente assez rapide: A un certain endroit de la ligne du chemin de fer, un peu au nord de la gare, un sentier descend en zig-zag vers le ruisseau, au milieu des champs labourés, puis, remontant pen- dant quelques mètres le long du torrent, conduit au pont qui donne accès à la rive gauche. De ce côté, un chemin vicinal court parallèlement au ruisseau, pour atteindre, un peu en aval, une ruelle de largeur variable, qui monte obliquement et s'em- branche enfin, entre deux maisons, à la route de Campolide.

    C'est la Travessa do Tarujo. De la grand'route, le sol continue à monter, jusqu'à l'esplanade où est bâti le collège. Une rue étroite, la Travessa de Estevam Pinto, relie cette esplanade à la route de Campolide, assez loin au-dessus de la Travessa do Tarujo. Une fuite mouvementée. Les Jésuites. Aux fenêtres, il y avait des curieux. Quelques-uns saluaient, avec un air de douloureuse compassion ; d'autres ne cachaient pas leur joie.

    Le groupe formé par le P. Zimmermann et le frère scholastique Faria eut le plus à souffrir. A l'entrée de la Travessa do Tarujo, le P. Zim- mermann fît la rencontre de quelques individus qui se laissèrent d'abord devancer par lui de quelques pas. Mais la nature des lieux allait exposer le P. Zimmerman à un danger bien plus grand encore. Comme je l'ai dit plus haut, les chemins des deux côtés du torrent sont parallèles ; un pont étroit les réunit.

    L'assassin, après avoir manqué son coup, une pre- mière fois, devait, sans aucun doute, profiter du moment où sa victime se trouverait en face de lui, du côté opposé. Au moment de passer le pont, le pauvre Père vit que le bandit l'attendait, en effet, à cet endroit et chargeait son revolver. Zimmermann, c'eût été me jeter dans la gueule du loup ; fuir par les côtés était impossible: Je fis à Dieu le sacrifice de ma vie, j'invoquai mon ange gardien et Au moment où je passai en face de lui, le brigand tira sur moi deux coups de revolver.

    Je tombai et je me crus blessé à la jambe. Heureusement, c'était une illu- sion. Je me levai bien vite et je continuai à courir. Deux coups de revolver se firent de nouveau entendre: Zimmermann arrivait à la gare. D'autres périls l'y attendaient. A une petite distance, suivait le Frère coadjuteur Pires, aide- procureur au collège. II avait confié à un gamin un habit roulé dans des courroies, et contenant des papiers importants ; dans ses poches, il portait une forte somme d'argent.

    S'il eût été tué ou volé, c'eût été à ce moment pour ia Compagnie en Portugal un vrai désastre. Sans se trou- hier, le Frère met la main dans la poche de son gilet et lui remet Le brigand se fâche et menace de tuer le Frère, si celui-ci ne lui donne rien de plus. Le pauvre Frère lui remet encore quelques tostons et notre homme se retire sans trop maugréer. Mais les révolutionnaires surgissaient de tous côtés. Le Frère Pires essaya rie chercher un asile dans quelques masures qui se trouvaient sur le bord du chemin: C'était là, il le reconnut plus tard, un bienfait de la Providence: Chose singulière: Et ils sont modérés dans leurs exigences!

    Ces mêmes révolutionnaires qui ne montrent aucune retenue envers les personnes et les biens des Jésuites, qui détruisent pour le seul plaisir de détruire, se montrent avec ce frère faciles à contenter. Avec quelques tos- tons Ils n'exigent pas la bourse; ils respectent la vie du Frère. Notre Frère fit, encore un fois, taire son adversaire, en lui donnant quelques tostoes, puis, il continua à monter par le chemin sinueux qui conduit à la gare. Mais voici qu'on lui barre de nouveau le passage: Pires s'enfuit vers la guérite du garde fiscal: Il donne alors à son persécuteur d'abord reis 5 fr.

    C'était une vraie figure de bandit, racontait plus tard le pauvre Frère. Pendant ce temps, le gamin que nous avons laissé avec le paquet, que le Frère Pires lui avait confié, montrait une fidélité vraiment surprenante. L'exemple donné par les voleurs n'eut sur lui aucune prise.

    99 Best Rendu images | Sculptures, Character modeling, 3d model character

    Par trois fois, il vit le propriétaire de son paquet menacé de mort, ne sauver sa vie qu'à prix d'argent, et il n'eut pas même la tentation de fuir ou de livrer ce qu'il portait, à ces brigands. Il assista à de vraies scènes de bandits, avec le même sang-froid que s'il eût été témoin de faits ordinaires.

    Il accompagna le Frère Pires jusqu'à la gare, sans lui manquer ni de fidélité ni de respect. En gare, il reçut une récompense géné- reuse, bien méritée du reste, remit son paquet et se relira tranquille. La chasse aux Jésuites. Aussitôt arrivés en gare, les Jésuites se mirent en devoir de prendre leurs billets. Les professeurs Moraes et Farinha durent prendre aussi leurs billets pour Cacem: Zimmermann fît de même, et les autres Pères aussi, sans doute, car toutes les autres lignes étaient coupées.

    Seul le Frère scholastique Faria n'eut pas le temps de prendre le sien. La gare fourmillait de gens qui fuyaient la révolution. Antonio Pinto y lit la rencontre d'un élève du collège dont la famille se réfugiait à Cintra. Le professeur Moraes, raconte le P. Macedo, se mit à faire le récit du bombardement du collège, ce qui excita au plus haut point l'intérêt de tous.

    Un employé, ancien domestique du collège, fit au Frère Farinha le récit des dangers qu'avait courus le scholastique José de Magalhaes, qui ne dut son salut qu'au départ du train, juste au moment où ceux qui le poursuivaient arrivaient en gare. En ce moment, on entendit un vacarme épouvantable accom- pagné de coups de fusils et de revolvers.

    C'était une bande de forcenés qui venaient attaquer les Pères. Quelques personnes, dit-on, se jetèrent sur eux pour les désarmer. La confusion fui alors indescriptible, surtout parmi les femmes. Elles criaient, elles pleuraient, elles fuyaient de tous les côtés. Mais d'où venaient les assaillants? Le Frère Moraes est seul à rapporter à ce sujet des circonstances que je reproduis. Sans cela, disait-il, les révolutionnaires de Cruz da Pedra localité voisine — qui devaient arriver, allaient tout détruire. Pour obéir au chef, je rentrai ma valise dans la salle d'attente.

    En ce moment arriva le train avec les révolutionnaires annoncés. La locomotive était encore en marche et déjà quelques-uns avaient sauté sur le trottoir et se jetaient comme des fauves sur les personnes qui s'y trouvaient. Le chef réussit à leur fermer les portes de la gare. Les uns s'enfuient, les autres se cachent, tous tâchent d'arracher leur vie à la race de celte bande de cannibales. Macedo se réfugia dans la pièce du vendeur de billets. Protégé par ce brave homme et par un autre employé, ancien portier du collège, il se cacha ensuite dans le galetas où, à genoux, il attendit la mort.

    Dieu merci, visaient fort mal. Rosario et Le P. Constantino Cardoso trouvèrent un refuge dans une autre salle: A deux reprises, la populace tenta de la forcer, mais en vain. Pendant ce temps, les Pères Pinto et Zimmermann, et les quatre Frères scolastiques s'enfuyaient, avec des chances diverses, de l'autre côté de la gare, vers l'aqueduc des Aguas Livres et vers Monsanto.

    Ce fut pour quelques-uns le commencement d'une vraie odyssée de péripéties et de souffrances. Qu'on me permette ici de le faire remarquer, pas un jésuite n'oppose la plus légère résistance - - bien légitime cependant - aux agresseurs qui les poursuivent, à coups de fusil. Aucun ne saisit un revolver, ou une autre arme quelconque pour se défen- dre contre une violente et injuste aggression.

    Pourquoi cela? Comment expliquer pareille chose chez des hommes que des ennemis sans scrupules accusent de posséder des armements complets, mais que personne ne leur a vus, à l'occasion juste- ment, où leur emploi eût été si naturel et si opportun? Reprenons notre récit. Après l'assaut de la populace, les pro- fesseurs Farinha et Belaygue s'engagèrent dans la route qui passe sous l'aqueduc des Aguas Livres et, grâce à leurs bonnes jambes, ils furent bientôt à bonne distance de leurs ennemis.

    A mi-côte de Monsanto, Faria sauta dans un verger et s'y tint caché quelque temps, au milieu des ronces. Moraes, après avoir enjambé la haie d'un enclos, traversait un potager, pour aller se cacher à Monsanto, quand les révolutionnaires l'aperçurent et se mirent à crier: I have a large and expanding library of photos, particularly from the Loire — places, producers, vineyards etc.

    Robert M. Parker, Jnr: Born Digital Wine Awards: No Pay No Jay — best investigative wine story. Post a Comment. Awards and citations: No Pay No Jay — best investigative wine story Monday, 3 April Off on an adventure: Patrice Monmousseau, Bouvet-Ladubay. Juliette Monmousseau. In April , precisely years after his passing away, 3 magnums were tapped and kept in the cellars until This cuvée reveals now its excellence and reverence to Etienne Bouvet. As I suspect there will be limited time to post on Jim's Loire while we are away — there are posts prepared in advance that will feature pics of Loire producers and may be from elsewhere plus some recently enjoyed bottles.

    Posted by Jim's Loire at No comments: Newer Post Older Post Home. Subscribe to: Post Comments Atom. Pages Home Loire vintages Chinon vintages: Search This Blog. Français vers Anglais: French into English: Clients include: Trio of very recently enjoyed Loire wines Garden Bridge: Ampelidae vente aux encheres: April — frost in the Loire: Vincent Caillé M Margaux connects with Marylebone — Clarette in Bla Loire Millésime - 19thnd April — chasing a Loire Millésime Fontevraud — 19thnd April Loire Millésime — Fontevraud 19th - 22nd April Loire Millésime — Fontevraud: The adventure 4: The Karst landscape — Guilin to The adventure 3: The adventure 2 — a few photos from Guilin The adventure — a few photos from Hong Kong 1 Off on an adventure: Day 33 — Yannick and Be